Pique-nique, le déheuner en herbe

Libération Jeudi 11 juin 2009

PIQUE-NIQUE, LE DÉJEUNER EN HERBE
PAR JACKY DURAND

Jamais de pique-nique sans panier. PHOTO PATRICK TOURNEBOEUF. TENDANCE FLOUE

A quoi rêve l'un des hommes les plus puissants du monde ? " Pique-niquer au parc du Luxembourg », a confié samedi Barack Obama, lors de son bref séjour en France. D'accord, ça fait clicheton, mais savoir que l'on pourrait croiser le président américain sur une pelouse ou sous un platane en train de manger la sausisse sèche et un crottin de Chavignol sur le pouce est une perspective autrement plus réjouissante qu'un jogging au cap Nègre. Et puis, ça vous pose un homme un tel aveu : on se dit qu'un président qui aspire à casse-croûter en plein air a gardé le goût des choses simples et pourtant essentielles. Nous, ça fait un bail que l'on sait que le pique-nique est un rite transgénérationnel, indémodable, une source inusable de gueuletons le nez au vent Depuis exactement notre premier paquet de chips Vico et la portion de Samos 99 que l'on s'écrasait entre tes doigts à l'excursion de fin d'année de la communale.

Transistor. En ce temps-là, on ne disait pas pique-niquer mais «aller manger sur 1'herbe», alors que, paradoxalement, on gardait ses distances avec le sol quand on déployait en famille la table de camping et les chaises pliantes. On sortait également de l'auto une glacière lourde comme une cantine de gendarme mobile et l'imposant transistor qui braillait l'arrivée de l'étape du Tour de France. Les petits oiseaux et les jolies fleurs, c'était juste pour le décor.

Un peu plus tard, on inaugura les aires d'excursion de l'Qffice national des forêts (ONF) avec tables et bancs en rondins de bois, façon Davy Crockett : on pouvait s'attabler sous les sapins en garant tout près l'auto, ce qui permettait de suivre Bernard Thévenet dans l'asœnsion du col du Galibier en ingurgitant une salade aussi niçoise qu'un potjevîeisch (soit une cargaison de riz trop cuit où s'égaraient quelques miettes de thon, olives, rondelles de tomates et d'ceufs durs). Au passage, on subissait la dictature de tante Jacqueline qui s'entêtait à reproduire sa dernière réunion Tupperware en exhibant sa collection complète de boîtes hermétiques.
A l'époque on subodorait déjà que le menu du pique-nique est affaire de caractère. Il y a tes pense-à-tout, capables de tracter une rodante en forêt de Compiègne histoire de réchauffer leur ratatouille et qui vous sortiront la pince à sucre pour le café chaud versé du thermos.
A l'autre bout de la nappe des pique-niqueurs, il y a les insouciants, qui ont toujours oublié te sel ou la vinaigrette et piochent dans votre taboulé ou votre salade de lentilles. Il y a aussi les cordons-bleus, qui se mettent en cuisine depuis l'avant-veille, pour emporter dans leur panier un égouttés, les avocats, la tomate, pâté-croûte, un poulet en gelée la moutarde et les herbes. Vous ou une tarte aux fraises.Sans oublier les nostalgiques du pâté Olida qui refont le menu de leurs quinze ans le temps d'un pique-nique. Enfin, on supporte parfois la compagnie de quelques survivalistes prônant chasse et cueillette.

Suggestions. Dimanche dernier, il a suffi que l'on songe pique-nique pour qu'fl se mette à pleuvoir. Mais il en fallait plus pour renoncer à un repas inspiré par un délicieux opuscule dédié à la cuisine en plein air (1). Son auteur, le chef morzinois Thierry Thorens, a imaginé une cinquantaine de recettes qui marient herbes, fruits ou salade dé cueillette à des ingrédients tirés du sac. Tentez son «amalgame de maquereaux et d'avocats pour pain brûlé». Il faut : quatre tranches de pain coupées dans la longueur d'une baguette et bien grillées (afin que le croustillant dure plus longtemps), une tomate coupée en dés, deux avocats bien mûrs, une cuillère à soupe de moutarde condimentaire, deux boîtes de mâquereaux au vin blanc etun bouquet de persil et de ciboulette ciselés. Mélangez les maquereaux bien égouttés, les avocats, la tomate, la moutarde et les herbes. Vous devez obtenir une espèce de purée où l'on sent encore les morceaux de maquereau et d'avocat.Tartinez vos tranches de pain pour déguster immédiatement ou emportez cet amalgame pour confectionner des tartines lors du pique-nique. Au printemps, on peut ajouter à cette recette des jeunes pousses de pissenlit avec un filet de vinaigre.
Savoir que l'on pourrait croiser le président américain sur une pelouse en train de manger sur le pouce est une perspective autrement plus réjouissante qu'un jogging au cap Nègre.
Autre suggestion de Thierry Thorens fàcile à transporter : « le pâté de pommes, de pommes de terre et d'échine de porc à l'origan ». Il faut : deux pommes reinettes, quatre pommes de terre cuites en robe des champs, quatre tranches d'échine de porc hachées crues, huit échalotes, un verre de vin blanc, un verre de crème fraîche, un petit bouquet d'origan ciselé (remplacé id par de l'origan séché), du beurre, du sel et du poivre. Epluchez et émincez les échalotes. Faites-les suer au beurre, ajoutez la viande et faites-la rissoler en l'émiettant. Otez la peau des pommes de terre, épluchez les pommes et coupez-les en petits dés. Ajoutez à la viande et faites mijoter l'ensemble. Assaisonnez, ajoutez le vin blanc, la crème et l'origan et laissez cuire doucement jusqu'à obtenir une masse compacte. Versez l'ensemble dans une terrine ou un moule chemisé d'un film alimentaire. Pressez fortement et laissez refroidir. Servez en tranches épaisses avec une salade verte ou d'herbes sauvages.
Pain de maïs. On peut aussi glisser dans le panier du pique-nique un pain de maïs (corn-bread), incontournable de là cuisine américaine (2). Il faut: 200g de semoule de maïs (ou de polenta), 150g de farine, deux oeufs, 37,5d de yaourt, 50g de beurre, une cuillère à soupe rase de levure alsacienne, une demi-cuillère à café de bicarbonate de soude, une cuillère à soupe de miel (ou de sucre) et une cuillère à café de sel Préchauffez votre four à 200 degrés. Beurrez un moule (carré, à cake...). Mélangez la farine, la levure, la polenta, le sel et le bicarbonate de soude dans un bol. Daas un autre bol, battez ensemble les œufs, le yaourt, le miel et incorporez-les au mélange précédent Faites fondre le beurre, versez-le dans la préparation et mélangez rapidement Versez dans le moule et faites cuire 25 à 30 minutes.

(1) La Cuisine des bergers et des randonneurs, Ttaexiy Thorens, éd. Actes Sud, 10 euros.

(2) Saveurs américaines. Constance Borde, Sheila Malovany, Christine Fleurent, éd. du Chêne, 12 euros.


Z.U.T. : d'anciens étudiant(e)s BTS CV s'éclatent

Le collectif "trois plus un" regroupe avec d'autres, d'anciens étudiant(e)s du BTS Communication visuelle de Montaigu.

Ce collectif a monté depuis deux ans un projet artistique d'animation d'espaces publics nommé Z.U.T. :
La Z.U.T. est une minuscule transgression, un pied-de-nez aux acronymes qui découpent maintenant nos villes en tranches, un chantier poétique pour travaux publics ,…
C’est une Zone d’Urbanisation Temporaire et itinérante, conçue pour réfléchir ensemble à la notion d’expression libre et publique dans un espace qui ne le soit pas moins…
Cette installation vivra du 12 au 14 juin à Saumur, dans le cadre du "festival des poétiques" sous le nom "aire de jeu".

Bon vent à eux.

L'arbre dans la cave : résumé

La cave (résumé)

Le vendredi 13 mars 2009, avec les première Arts Appliquées du Lycée Léonard de Vinci, nous nous penchons sur l'intervention au sein de la cave, au centre de la structure du jardin.
Il s'agit de concevoir une intervention plasticienne, une installation qui prendra place dans ce lieu, autant symbolique qu'il est singulier dans sa topographie.



Après avoir commenter les travaux autour des idées de lumière ou de placage, par exemple, notre choix s'est fixé sur l'idée d'un tronçon d'arbre renversé qui simulerait des racines et évoquerait le ou les mondes souterrains, et par extension, la source de toute chose.




Il a donc fallu retourner à Fontevraud pour choisir un arbre à prélever dans une taille. C'est M. Vayer qui s'y colle, le mercredi 22 avril.
Monsieur Bourgeois, de la municipalité de la ville de Fontevraud et Monsieur Baillargeau, des services techniques, ont bien voulu nous aider à trouver cet arbre. Rendez-vous est donc pris pour chercher cet arbre dans un bois.

Les mesures de la cave sont prises pour évaluer la taille du tronçon d'arbre.

Voici l'arbre que nous avons choisi. C'est un chataîgnier. Comme il possède un double tronc, nous allons les prélever tous les deux et ainsi nous donner plus de possibilités.

Rendez-vous est pris lundi prochain 27 avril, avec un groupe d'élève, nous jouerons les bûcherons...








Les tous premiers croquis d'intention
La grotte-racines (le sous monde végétal)


Le résultat final

L'installation de l'arbre dans la cave, telle qu'elle peut être vue par les visiteurs.

Dernière intervention à l'Abbaye

Le mardi 19 mai, Nous nous sommes déplacés pour la dernière fois à l'Abbaye pour installer définitivement les pôts et finaliser l'installation de l'arbre.
Nous n'avons pas perdu une seconde car il y avait beaucoup de travail.

Déplacer et regrouper tous les pôts

Réfléchir, discuter, choisir et organiser le travail de la journée



Chacun avait une tâche différente à accomplir car l'installation des pôts nécessitait de très nombreuses opérations répétitives et une attention de tous les instants.





Nous avons laissé quelques pôts cassés à l'arrière de l'Hostellerie, histoire d'évoquer le temps long du projet et (déjà) participer à son archéologie.

Trop fort les Rayban


L'installation de l'arbre dans la cave, telle qu'elle peut être vue par les visiteurs.

Halia nous dit : "Stop, finito, aller ouste, à bientôt".

Les pôts : installations retenues

Ce montage d'images nous a permis de montrer nos propositions à l'équipe de direction du Centre Culturel de l'Ouest, dans l'abbaye de Fontevraud, en même temps que nous y travaillions.

L'équipe de direction s'est déterminée sur la proposition "Inciter à suivre le chemin".

C'est donc cette installation que nous viendrons réaliser concrêtement le mardi 26 mai, en revenant à l'Abbaye pour une grand et longue journée de travail.